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<i class="fa fa-tag"></i> La MYNE <i class="fa fa-clock-o"></i> 01/11/2017 ###### Tags: `masterclass` `civic tech` `communs` # [FTT] "La politique comme commun" (avec Sylvia Fredriksson & Alexandre Monnin) {%youtube Pn9_q9h6JiI %} * **[Sylvia Frederiksson](http://www.sylviafredriksson.net/about/)** : chercheuse en design à la Cité du design, elle porte des projets dédiés à la valorisation des communs et travaille autour des enjeux d’appropriation des technologies et des cultures numériques comme levier d’émancipation de la société civile. * **[Alexandre Monnin](http://web-and-philosophy.org/abouta-propos/bio/)** : docteur en philosophie de l’Université Paris 1, sa thèse ayant porté sur l’architecture et la philosophie du web. Directeur de la Recherche chez Origens Medialab et Enseignant-chercheur à l'ESC Clermont, il a précédemment été chercheur chez Inria auprès de l’équipe-projet WIMMICS (2014-2017) ou encore responsable Recherche Web à l'IRI du Centre Pompidou (2010-2013), période durant laquelle il a initié le DBpedia francophone. Expert Open Data auprès de la mission Etalab sous la responsabilité du Premier Ministre depuis 2013, il a également collaboré entre 2014 et 2017 avec Lafayette Anticiaption (la Fondation des Galeries Lafayette pour l’art contemporain) en tant qu’architecte de sa future plateforme numérique ("Re-Source"). Enfin, il est le co-fondateur des community groups “Philosophy of the Web” et "Web We Can Afford" au W3C (World Wide Web Consortium). ## 0- Masterclass * [Annonce](https://www.facebook.com/events/1516396091742213) * [Livestream](https://www.youtube.com/channel/UC-AkSeIOQf3-fscKmoXfmxA/live) * [Restitution](https://pad.lamyne.org/GwEwhgZgRgHMCmBaArAdnsxAWeFNQAYIDEQIBOAJgktRCigGNyg=) ## 1- Présent.e.s - Sylvia Frederiksson - Alexandre Monnin - Mélia Vilalrd - Rieul Techer - Jeremy Virgo - Françoise Pourvoyeur - Emmanuel Laurent - Antoine Burret - Valentine Proche - Charlotte Rizzo - Baptiste Nominé - David Bartho - Connie Chow Petit - Benjamin Chow Petit - David Vallat - Nicolas Loubet - Florian Rony - Thomas Germain - Vincent Mignerot ## 2- Ressources + [Clément Mabi - Citizen Hacker](http://www.booksandideas.net/IMG/pdf/2017_07_06_civic-tech.pdf) (typologie de la civictech) + [Charte des communs par le collectif remix the commons](http://www.remixthecommons.org/2015/04/atlas-interactif-des-chartes-des-communs-urbains/) ## 3- Restitution @Sylvia part de la [défintion des civictech](https://fr.wikipedia.org/wiki/Civic_tech) donnée par l'encyclopédie Wikipedia (francophone). Le terme est complexe, chargé de sens. Il y a plein de mots qui ne nous appartiennent pas. ++Point de départ++ : Comment peut-on s'en servir pour mieux comprendre ce qui est fait à la MYNE ? Est-ce que ces 'civic tech' sont une réponse aux enjeux auxquels nous sommes confrontés ? @Sylvia propose de mobiliser le concept de [mémoire partagée](https://halshs.archives-ouvertes.fr/halshs-01546678/document) (qui s'oppose à l'Histoire), de Louise Merzeau (†), pour interroger le sens des 'civic tech' (qui a pour origine les Etats-Unis). @Sylvia met en exergue la [classification des civic tech](http://www.laviedesidees.fr/Citoyen-hackeur.html) réalisée par le chercheur Clément Mabi. * Une première représentation classe les civic tech en deux groupes : <img style="display: block; margin: 0 auto;" src="https://framapic.org/vkjyP16nup25/nxqAZX2IrLHN.png" width="40%"> - D'un côté, les technologies pour l'ouverture des gouvernements (démocratie) - De l'autre, les services liées aux pratiques de la société civile (engagement) * Une deuxième représentation distingue 4 types d'acteurs civic tech : <img style="display: block; margin: 0 auto;" src="https://framapic.org/YyU4CY7s6sOb/atr0zcdVXdzm.png" width="80%"> - les critiques externes : pour améliorer la démocratie (propose ses propres instances) - Les réformateurs critiques : pour approfondire le fonctionnement des représentations - les réformateurs externes : transformation de la démocratie à l'aide de la société civile - les hackers embarquéss : pour modifier le système démocratique depuis les institutions :::success => Ces réprésentations sont à approfondir. C'est l'objet d'une étude à la Cité du Design. ::: ++Question d'@Alexandre++ : comment les institutionss, organisations et techniques co-existent ? Le fonctionnement de la politique est-il maintenu par le numérique (science de la donnée) ? @Sylvia fait partie d'[Open knowledge France](https://fr.okfn.org/). À niveau international, l'organisation à épousé les dynamiques gouvernementales. Le G8 à obligé dans une certaine mesure les gouvernements a ouvrir leurs données. La "Loi pour une république numérique" a été élaborée en 2016 en FR. @Sylvia cite le dispositif de "[charte des communs urbains](http://wiki.remixthecommons.org/index.php/Atlas_des_chartes_des_communs_urbains)" (objet d'un atlas). Un ensemble de questions sont constitutives des chartes (1) Ce qu'elles définissent comme communs et comment (2) Leur rapport aux techniques (3) Les modes de partenariats qu'elles suggèrent (4) Les histoires qu'elles portent (5) Comment la question de l'emancipation est-elle considérée. @Alexandre : le numérique transforme les valeurs en l'opposé de ce qu'elles étaient auparavant. ++Ex. de la confiance avec blockchain.++ : Techniquement, c'est l'absolue defiance. Ce qui est présent sur la blockchain n'a pas à être vérifiée ; le système permet de ne pas avoir besoin de faire confiance à la personne (agace @Jérémy !). Faire confiance, c'est ne pas savoir ce qui se passe / va se passer. Ce qu'on appelle "confiance" est ce qu'on appelait autrefois "défiance". ++Ex. de l'amour et des 'sites de rencontre'++ = il cite les recherches d'[Eva Illiouz](https://fr.wikipedia.org/wiki/Eva_Illouz). Avec les sites de rencontre on met de la connaissance à disposition des algorithmes qui nous orientent vers des profils (sur la base de 'préférences'). La connaissance précède l'amour (avec ces systèmes). :::danger Le numérique va transformer des situations, des manières d'agir (et les transforme déja!). ::: Le web cristallise un certain nombre de problèmes liés aux limites de la gouvernance des communs. Exemple : le web est tellement ouvert qu'il à permis l'emergence de ultra monopoles (Alphabet, Facebook, Amazon). Comment doit-on accueillir ces protos-communs ? Rejet total ? Question (dure) : Comment penser la fin du numérique, l'après, l'atterrissage ? Comment on pense l'hésitage des "communs negatifs" (ex : les 58 réacteurs, que l'on a ni les moyens d'arreter ni de les faire perdurer!), car il semble qu'on s'apprête à en hériter de plus en plus. Ce que nous avons du mal à penser / imaginer, ce sont les effets de ce qu'on a généré il y a des dizaines d'années et qui nous touchent à présent. Ex : notre société industrielle produit en masse des objets connectés... tout en sachant qu'on aura pas de quoi les alimenter plus tard. On a un problème : lors d'un diagnostic de fin des ressources, fin du travail, de la croissance, etc., tout le monde est d'accord. C'est presque inquiétant aussi d'ailleurs mais il n'y a pas de remise en question lorsqu'on travaille dans "l'innovation" et qu'on tient un discours de type "oui mais moi mon métier c'est de produire des milliers/millions d'objects connectés d'ici 20 ans" ! Les chercheurs contemporains sont "mis en incapacité" d'exercer leur reflexivité (sur leurs activités / efforts). Ils sont souvent placés comme les "OS de l'innovation". Il y a manque d'un collectif(s) de réflexion dans la recherche. Le monde de la recherche n'est pas assez collectif. Les thèmes des recherches sont bien trop souvent orientées pas les financements. :::warning Trop de futurs, pas assez d'avenir... Besoin de concevoir l'avenir comme un commun ! ::: Ce qui est gênant (pour @Alexandre) : la "gestion" des communs. Problématique car ce sont des êtres humains qui se mettent ensemble pour gérer des ressources. Mais on reste entre "humains". Or, on a évolué sur le fait que le non-humain contribue aussi à rendre un environnement vivable => on a besoin de reconnaitre qu'il y a d'autres êtres et composer avec. La logique gestionnaire est peut être ce qui pose problème. Cette pensée des communs comme une pensée gestionnaire est trop limitée. Nous avons besoin d'une pensée plus cosmologique, moins anthropocentrée. Cela passe par d'autres représentatations, d'autres rapports au non-humain, d'autres cosmologies. Ex. de la Bolivie où des droits ont été donnés à une rivière. @Rieul : sur les communs et la notion de droits pour les non-humains. C'est aussi une histoire de serpent qui se mord la queue. On peut dire qu'on ne va pas faire ça car c'est antropocentré, mais la notion de droit en elle meme est constituée par les humains. Et ce qu'il y a derrière les communs c'est aussi comment tu participes à la constitution des "règles". C'est un problème. @Alexandre : on a aussi pu imaginer accorder des droits aux objets. Ex. pour obliger à leur donner un soin particulier (cela amène une dignification intéressante). Ex: [Forest as a DAO](http://forest.lesusineslouise.com). Dans le cas bolivien, il y a eu création - instauration - d'un "nouveau dieu", la Pacha Mama, pour survivre. On n'est pas dans une perspective de savoir s'il existe ou pas, mais de savoir comment on va vivre avec lui. Est-ce que la déification d'une centrale nucléaire ne pourrait pas être une forme de civic tech ? => @J.B Fressoz : le web sera peut être à terme un traité de philosophie ! La dignification/déification peut s'avérer féconde pour repenser le rapport humain/non-humain. @Jeremy : est-ce que les civic tech doivent être forcément liées à la technologie (notamment numérique) ou s'agit-il plutôt de considérer les reconfigurations sociales provoquées par l'instauration de communs ? (dans cette perspective, les tiers-lieux sont des "civic tech"). @Nicolas : fait un hommage au militant Aaron Swartz (décédé en 2013) dont le combat, l'engagement (trop tôt, trop fort ?) raisonne très fortement avec les discussions du jour. Le numérique n'est pas la question ! On est bien dans la question des droits, de l'inclusion, etc. Et il semble que la MYNE interroge et travaille ces questions : propose de la déifier ! :panda_face: @Sylvia adresse en conclusion un message aux praticiens du quotidien, notamment celles et ceux qui sont engagé.e.s dans la [Fabrique des communs](https://frama.link/communs-lyon-reunions). @Alexandre insiste sur le "fait" que les communs sont une oeuvre commune (humains, non-humains), pas un moyen de gestion. --- Ce document est régi par les termes de la licence [Creative Commons CC-BY-NC-SA 4.0](http://creativecommons.org/licenses/by-nc-sa/4.0/) <img style="display: block; margin: 0 auto;" src="https://mirrors.creativecommons.org/presskit/buttons/88x31/png/by-nc-sa.eu.png" width="40%">